Animal'z (2009)

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Animal'z (2009)

Message par Lady of the Tardis le Mar 24 Fév - 17:09

Bande-annonce de Animal'z,
le nouveau livre d'Enki Bilal.





Synopisis: Dans ce monde dont on ne sait trop s’il est l’émanation d’une histoire parallèle ou simplement le récit de notre futur, le dérèglement climatique s’est brutalement généralisé. La catastrophe porte un nom : le Coup de Sang. Sur la planète dévastée, martyrisée, l’eau potable est soudain devenue un trésor, et la survie individuelle l’obsession de chacun. Désormais, les transports sont rares et dangereux, les communications aléatoires. Seuls quelques Eldorados très isolés, refuges protégés par leur situation géographique particulière, ont réussi à préserver un semblant d’ordre social. On ne peut les rejoindre que par la mer, immense; l’unique milieu naturel, peut-être, qui conserve quelque chance de perdurer en ces temps d’incertitude absolue… Tel est le décor, fascinant, qui sert d’écrin à Animal’z, le nouveau récit futuriste d’Enki Bilal. Fidèle à ses thèmes de prédilection (la fiction conjecturale, en étroite résonance avec les convulsions et les névroses collectives de notre présent), l’auteur de LA TRILOGIE NIKOPOL explore les conséquences possibles des dommages infligés au climat, dans un registre graphique nerveux qui comblera les attentes de ses très nombreux fidèles. Déroutant, surprenant, passionnant : un one-shot d’une centaine de pages à savourer sans retenue. Du très grand Bilal.

Interview vidéo : ICI
3 planches : ICI

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Re: Animal'z (2009)

Message par Lady of the Tardis le Mar 24 Fév - 17:13

Découvrez le nouvel album one-shot d'Enki Bilal, Animal'z, à paraître en mars prochain.




La nouvelle création d’Enki Bilal séduit et surprend : un western futuriste épuré et tendu, sur fond de catastrophe climatique et de science dévoyée. Mené sur une centaine de pages d’un seul tenant, Animal’z est une spectaculaire réussite.


Castermag: D’où vient cette nouvelle histoire, quel est son point d’origine?
ENKI BILAL : De l’époque où j’étais en train de terminer la tétralogie du Monstre. C’était une histoire assez sombre, pesante, presque mortifère parfois –même si j’avais opté pour une fin plus ouverte et plus baroque qui allégeait un peu le propos–, et je ressentais, alors, le besoin d’une rupture. Dans mon esprit, cela devait se traduire par une histoire plus légère, que je réaliserais d’une traite. Ma référence, c’était le western: un mode narratif linéaire, assez simple en apparence, avec des personnages intenses, typés. J’ai transposé cette envie de western dans un futur proche, autour d’une thématique environnementale forte. Sur le moment, je n’ai pas pris conscience que beaucoup d’ingrédients de cette nouvelle histoire s’inscrivaient en fait dans le prolongement du dernier volume du Monstre. Je n’ai compris qu’ensuite, progressivement, que la thématique d’Animal’z, qui pose la question essentielle de la survie, ne serait pas uniquement passagère.

Castermag:Il n’y a donc pas rupture, mais continuité?
ENKI BILAL : La rupture est là, mais elle est davantage technique que thématique. D’un point de vue graphique, j’ai ressenti, dès les premiers pas de cet album, une grande envie de dessin. Le besoin d’un travail, disons, plus «primal». Pour concrétiser ce désir, je me suis rapproché des techniques que j’avais employées auparavant pour Bleu sang. J’ai travaillé essentiellement avec du crayon noir et des pastels gras, soutenus par des rehauts de blanc. Le tout est traité sur un papier légèrement gris, qui donne sa tonalité graphique particulière à l’histoire.

Castermag:Dans l’environnement d’Animal’z tel que vous le mettez en scène, seuls les individus ont les cartes en main pour agir. Les systèmes organisés, et l’État lui-même, semblent avoir disparu du paysage. Comme si la politique, que vous avez pourtant si souvent traitée dans vos récits, était dorénavant dépassée…
ENKI BILAL :En effet, la politique n’a pas beaucoup de place ici. Mais c’est lié à l’un des thèmes principaux d’Animal’z, celui de la survie. Comment chacun s’y prend-il pour survivre, dans un contexte de catastrophe générale? C’est une question profondément individuelle: la solitude est la donnée de base de la survie. J’ai posé ce sujet d’emblée, dès les prémices de l’histoire, c’était une manière de m’imposer une contrainte narrative et de m’y tenir. Et puis, le caractère assez individualiste de ce récit tient aussi à la dimension «western» dont je parlais auparavant: j’ai absolument voulu me tenir à cette logique-là, donc m’accrocher à mes personnages, qui eux-mêmes s’accrochent à leurs espoirs. Au bout du compte, tout finit par converger vers un final… que je vous laisse découvrir.

Castermag: Ici, la catastrophe générale dont vous parlez est climatique…
ENKI BILAL :Oui, je lui ai donné un nom d’emblée: le Coup de sang, comme si la planète toute entière réagissait d’un coup, de façon extrêmement brutale. En la matière, j’ai le sentiment de m’être montré très réaliste : les convulsions climatiques violentes que nous avons tous vécus ces dernières années, comme le tsunami, sont tout à fait cohérents avec ce que je décris. Animal’z décrit de façon saisissante des techniques d’hybridation entre l’homme et l’animal.

Castermag: D’où vient cette idée et pourquoi vous y êtes-vous intéressé?
ENKI BILAL : Je ne sais pas exactement. Disons que cela fait partie des conjectures à tonalité scientifique qui m’intéressent en général. En l’occurrence, c’est une idée aberrante en apparence, qui s’est imposée et que j’ai eu envie de creuser. J’ai toujours aimé traiter des postulats aberrants sur un mode réaliste. La Foire aux immortels, par exemple, partait d’une hypothèse de ce type: et si les dieux égyptiens étaient bloqués au-dessus de Paris dans une pyramide volante en panne de carburant? Au fil des années, je me suis aperçu qu’une idée d’histoire, si délirante qu’elle puisse paraître au départ, pouvait tenir la route… si j’avais vraiment envie qu’elle tienne la route. L’hypothèse d’hybridation homme/animal qui parcourt Animal’z participe de la même logique: j’ai simplement développé l’idée d’un homme capable de se transformer en mammifère marin, et inversement.

Castermag: Cela correspond-il à des recherches scientifiques dont vous auriez entendu parler?
ENKI BILAL :Non, pas particulièrement. Quoique sur ce plan, je suis absolument persuadé que certains scientifiques développent des recherches dont nous n’avons même pas idée. Et qu’il vaut d’ailleurs mieux, pour notre tranquillité, ne pas être capable d’imaginer. J’évoque indirectement cette question d’une forme de recherche décadente, dévoyée: l’hybridation décrite dans Animal’z est une sorte de caprice de riches que seuls peuvent s’offrir des individus très fortunés. C’est une sorte d’extrême de la société de consommation.

Castermag: Une bonne partie de ce récit met en scène un univers et des paysages maritimes auxquels vous ne nous avez pas habitués…
ENKI BILAL :Oui et non. Il y avait déjà, à la fin de la tétralogie du Monstre, certains éléments évocateurs des origines foetales et aquatiques de l’être humain. L’humanité vient tout de même du milieu marin, c’est finalement son élément de référence. Cela dit, il est vrai que je n’ai pas souvent dessiné des mondes maritimes ; ni la mer ni les bateaux ne me passionnent particulièrement. Mais, a contrario, je me faisais un devoir, justement, de ne pas forcément tomber dans ce qui était attendu. Vous dépeignez aussi une brochette de personnages cannibales qui font vraiment froid dans le dos… Il ne faut pas y voir autre chose qu’une sorte de clin d’oeil: ce sont des méchants délibérément gore, de la même manière que dans certains westerns, on croise des Indiens sanguinaires qui écartèlent leurs prisonniers ou les donnent à manger à des fourmis affamées…

Castermag: Avez-vous le sentiment de nous offrir, avec Animal’z, un récit pessimiste? [/b]
ENKI BILAL : Non, j’ai plutôt l’impression que l’histoire se termine bien. Évidemment, il y a une certaine noirceur dans le constat environnemental que je dresse, mais il me semble que c’est de la lucidité, pas du pessimisme. Je fais partie des gens qui pensent qu’il vaut mieux se représenter des choses plausibles, quitte à ce qu’elles soient désagréables, pour mieux se préparer à les affronter. Et puis, si noirceur il y a, c’est peut-être, là aussi, à cause des westerns: la plupart d’entre eux, à commencer par les plus grands –je pense par exemple aux magnifiques films de Sergio Leone– sont d’une grande cruauté, et d’un désenchantement terrible.
Vous avez finalisé la centaine de planches de ce livre dans un temps très court qui ne vous est pas vraiment habituel… ENKI BILAL :Oui, un one-shot d’un peu moins de cent pages bouclé en un an. Ça n’a pas toujours été facile, mais c’était comme cela que je l’avais voulu d’emblée: une sorte de défi. Mission accomplie.[/justify]

Source : Castermag

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